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Les horaires atypiques: un risque pour la santé

Près de 2 salariés sur 3 travaillent en horaires atypiques. Selon une étude DARES, 19% des Français travaillent de nuit ou en fin de semaine, 17,5% à temps partiel, 10% de façon occasionnelle et 10% ont des horaires longs et flexibles. Avec pour bilan, des effets plus ou moins graves sur la santé et la difficulté de concilier vie familiale et vie professionnelle.

Seulement 37% des Français ont des horaires de travail dits normaux (travail du lundi au vendredi, de 7h à 20h, avec 2 jours de repos successifs) : horaires considérés comme étant « les plus adaptés aux rythmes biologiques et sociaux ».
Les horaires atypiques représentent tout ce qui s’en démarque : travail posté, nuit, fin de semaine, horaires et jours variables, semaines irrégulières, heures supplémentaires, travail morcelé (coupures dans la journée).
La récente loi sur le travail du dimanche ne fait que conforter cette situation.

Le travail en horaires atypiques désynchronise les rythmes biologiques, le comportement alimentaire et social, ce qui provoque troubles fonctionnels et pathologies variées : Insomnie et somnolence sont les premiers signes à apparaître, avec pour conséquence des troubles de l’humeur, pouvant aller jusqu’à la dépression ; la cellule familiale subit ces altérations quand de tels horaires ne sont pas choisis.
Perturbations digestives, surpoids et risques cardio-vasculaires font également partie de ce cortège de troubles d’autant plus problématiques qu’il peut enclencher la spirale de l’addiction au tabac, à l’alcool et aux substances psychoactives, pour « tenir le coup ».

Les troubles liés à ce mode d’organisation du travail réduisent en effet la vigilance et augmentent la probabilité d’erreurs et d’accidents sur le lieu de travail, mettant en jeu la responsabilité de l’employeur et la performance même de l’entreprise.

Plus grave, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé en 2007, le travail en horaires décalés comme « probablement cancérogène pour l’homme ». Le travail posté de nuit, sur une longue période, augmenterait le risque de cancer du sein chez les infirmières et les hôtesses de l’air, comparé à celui observé chez celles qui travaillent de jour. En mars 2009, le Danemark a décidé d’indemniser 37 femmes atteintes d’un cancer du sein, qui serait lié à leur travail de nuit.

Des préconisations pour améliorer l’hygiène de vie de ces travailleurs peuvent être relayées par les Médecins du travail, en lien avec les employeurs, pour limiter l’impact de ces horaires atypiques sur la santé.

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